Le suicide: Catastrophe quotidienne
Suicide: une enquête révèle l'ampleur de cette "catastrophe quotidienne"
En France, où
presque un décès sur 50 est un suicide, 5,5% des 15-85 ans déclarent avoir déjà
fait une tentative au cours de leur vie, les femmes étant deux fois plus
nombreuses que les hommes, révèle une enquête du Baromètre santé 2010.
Le Bulletin épidémiologique
hebdomadaire (BEH) publie mardi une série d'études, dont chacune "est une
pièce de plus au puzzle qui vise à mieux connaître cette catastrophe en miettes
et quotidienne", souligne le professeur de psychiatrie Jean-Louis Terra
dans un éditorial.
AFP - En
France, où presque un décès sur 50 est un suicide, 5,5% des 15-85 ans déclarent
avoir déjà fait une tentative au cours de leur vie, les femmes étant deux fois
plus nombreuses que les hommes, révèle une enquête du Baromètre santé 2010.
Le nombre de
suicides est connu grâce à l'analyse des certificats de décès, même s'il est
sous-estimé, mais les tentatives de suicide ne font pas l'objet
d'enregistrements systématiques.
Le Bulletin
épidémiologique hebdomadaire (BEH) publie mardi une série d'études, dont
chacune "est une pièce de plus au puzzle qui vise à mieux connaître cette
catastrophe en miettes et quotidienne", souligne le professeur de
psychiatrie Jean-Louis Terra dans un éditorial.
En 2009, 10.464
décès par suicide ont été enregistrés par le Centre d'épidémiologie sur les
causes médicales de décès (CépiDc) de l'Inserm, un
chiffre en diminution régulière ces dernières années, mais qui reste très élevé
par rapport aux voisins européens de la France.
Une étude du CépiDc publiée par le BEH conclut à une sous-estimation de
9,4% du nombre officiel de décès.
Les hommes
représentent les trois-quarts des décès par suicide (7.739 décès masculins
contre 2.725 décès féminins).
En revanche, les
tentatives et les pensées suicidaires sont davantage le fait des femmes, montre
l'enquête du Baromètre santé, conduite par l'Institut national de prévention et
d'éducation pour la santé (Inpes) auprès de 27.000
personnes.
Elles sont plus
nombreuses à avoir déjà fait une tentative au cours de leur vie (7,6% contre
3,2%) et à avoir tenté de se suicider au cours des 12 derniers mois (0,7%
contre 0,3%).
Cet apparent
paradoxe s'explique en partie, souligne l'équipe de François Beck (Inpes), par les méthodes mises en oeuvre,
plus meurtrières chez les hommes (pendaison, arme à feu...).
Des adolescentes
particulièrement exposées
Les femmes sont
aussi plus nombreuses que les hommes à avoir pensé au suicide (4,4% contre
3,4%).
La survenue
d'idées suicidaires est maximale entre 45 et 54 ans (5%), tranche d'âge qui
enregistre le plus gros effectif de décès par suicide (2.246 en 2009).
Le facteur de
risque le plus important dans la survenue des pensées suicidaires comme des
tentatives de suicide est le fait d'avoir subi des violences (sexuelles ou
non).
Les autres
facteurs associés sont le fait de vivre seul, le chômage, un faible niveau de
revenu et la consommation de tabac, et, chez les femmes, une consommation
d'alcool à risque chronique.
Une autre étude
de l'Institut de veille sanitaire (InVS) chiffre à
environ 90.000 le nombre annuel des hospitalisations pour tentatives de suicide
entre 2004 et 2007, les femmes représentant 65% des séjours.
Moins de la
moitié des tentatives adressées aux urgences seraient ainsi comptabilisées,
soulignent les auteurs de l'étude qui ont estimé à environ 220.000 le nombre de
passage aux urgences pour tentative de suicide en 2007.
L'absorption de
médicaments était de loin le mode opératoire le plus fréquent, avec une
prédominance féminine.
Un
"pic" est observé dans les taux d'hospitalisation chez les adolescentes,
"reflet de l'importance du phénomène suicidaire dans cette population
particulièrement exposée".
L'étude de l'Inpes montre d'ailleurs une prévalence des tentatives de
suicide au cours des 12 derniers mois plus élevée chez les femmes entre 15 et
19 ans (2%).
Ce BEH donne
"un bon point de départ épidémiologique" au Programme national
d'actions contre le suicide lancé en septembre par le gouvernement, "avec
l'ambition de passer enfin sous la barre des 10.000 décès annuels", estime
le Pr Terra.
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